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Interview Abo-Manga

Parmi les milliers de mails que nous recevons chaque jour… les centaines… bon, parmi les dizaines de mails de dossiers de presse que nous recevons chaque jour, celui d’un site nous a particulièrement intéressés. Il s’agit d’un service inédit en France qui permet aux abonnés de recevoir chez eux leurs mangas préférés dés leur sortie. Ce concept original nous ayant beaucoup plu, nous avons décidé d’en savoir un peu plus…

Bonjour,
Premièrement, pourriez-vous vous présenter et nous expliquer le fonctionnement d’abo-manga ?

Bonjour,

Abo-manga est une équipe de 6 personnes, ou plutôt 6 copains qui se connaissent depuis le lycée et qui ne se sont jamais (trop) perdu de vue depuis 🙂
L’idée d’Abo-manga a germé un peu avant l’été 2020, le site a été lancé en septembre de la même année.
Le fonctionnement d’Abo-manga est très simple : vous choisissez votre manga, à partir de quel tome vous voulez vous abonner et vous recevez votre livre tous les mois. Il est bien sûr possible de s’abonner à plusieurs mangas ou d’acheter les mangas à l’unité. C’est très facile, très rapide, sans conditions particulières ni durée d’engagement.

Nous nous sommes aussi vite rendu compte que pour commencer une série longue comme, par exemple, le manga Naruto ou le manga One-piece, il faudrait presque 8 ans pour obtenir toute la série !
L’option « boost » a donc été créée, qui permet de recevoir de 2 à 4 tomes par mois. Bien sûr, cette option est disponible sur tous les mangas et s’adapte automatiquement : une fois le rythme de parution rattrapé, les envois reprennent un tome après l’autre.

D’où vous est venue cette idée géniale ?

Très prosaïquement de nos étagères à moitié vides et de notre flemme…
Que ce soit pour nous en tant qu’adultes ou nos enfants, commencer un nouveau manga se fait de deux façons :
Soit en traînant en rayon de librairie et en tombant sur une couverture qui nous accroche
Soit sur les conseils d’un ami ou une recommandation au détour d’un site.
Dans les deux cas s’il s’agit d’une série récente les premiers tomes sont encore disponibles en librairie, au pire il est possible de les commander.
En revanche pour suivre les séries, c’est là que les choses se gâtaient. Il fallait penser à regarder régulièrement en librairie si le prochain tome était sorti, en espérant ne pas se tromper (oui, il m’est déjà arrivé de revenir à la maison avec un tome que nous avions déjà) ou commander en ligne. Mais là aussi, guetter le tome, s’inscrire aux alertes, vérifier les spams… Bref, beaucoup de séries commencées, aucune vraiment à jour, parfois des manquants au milieu.

L’idée est donc venue de chercher à s’abonner, mais comme les abonnements manga n’existaient pas, on s’est dit qu’on allait les inventer.

Quels développements imaginez-vous pour le site ?

Le site a été lancé début septembre 2020 et nous avons déjà près d’un millier d’abonnements au bout de 2 mois ! C’est un très bon démarrage qui nous prend presque de court, mais tant mieux, c’est très motivant !
Actuellement, nous ajoutons chaque jour de nouveaux mangas « à la main ». Nous aurions pu appuyer sur le gros bouton rouge« Importation automatique » pour gonfler notre catalogue, mais nous préférons faire des choix éditoriaux pour ne pas noyer des séries de qualités, ou que nous nous apprécions pour des raisons parfois personnelles, sous des œuvres qui nous inspirent moins.

Début décembre nous allons ouvrir la section romans avec principalement des sagas des univers jeunesse, fantasy et SF. Ces sagas resteront sur le principe de l’abonnement avec la possibilité de recevoir chaque volume à la maison à intervalle régulier : Cliquer une fois, se faire plaisir tous les mois : )

Ensuite début 2021 nous ouvrirons la section Comics, toujours avec la possibilité de s’abonner.

Le manga a eu longtemps mauvaise réputation. Comment expliquez-vous que des auteur(e)s comme Rumiko Takahashi reçoivent aujourd’hui des prix prestigieux dans les festivals qui hier les boudaient ?

Je ne sais pas si l’on peut parler de mauvaise réputation au sens strict, mais à ses débuts ce fut effectivement considéré comme de la « sous-bande dessinée ». Les mangas et les animés sont arrivés en même temps en France et pas de la façon la plus subtile qui soit. Si le Club Dorothée a eu l’avantage de les faire découvrir à un très grand nombre d’enfants, des séries « inoffensives » comme Candy était mélangées à d’autre comme Ken le survivant qui n’avaient rien à faire chez les moins de 14 (16 ?) ans. De là beaucoup de polémiques, de censures, ajoutez-y une femme politique en mal de publicité, des parodies et des adaptations françaises pas toujours de qualité (doux euphémisme) et vous obtenez une image entachée pour longtemps.
Au-delà de ce cas spécifique, l’autre point qui a desservi le manga est, je pense, l’aspect esthétique et le fait qu’il soit au Japon conçu comme « jetable ».
Quoi ? Comparer une Bande Dessinée de Hergé qui met plusieurs années à créer une histoire en couleurs de 48 pages à un « truc » de 200 pages imprimé sur papier recyclé bas de gamme en noir et blanc écrit en 2 mois ? Le même type de comparaison sans objet se faisait entre les dessins animés (pas super bien animés à l’époque, il faut le reconnaître) et les films Disney.

Et puis Akira est arrivé au cinéma avec le fameux slogan « C’est violent et c’est beau ». Et oui c’est violent… Mais bon sang ! qu’est-ce que c’était (et c’est toujours) beau, magnifique. Une œuvre animée de 20 ans qui n’a pas vieilli. Une grande claque à l’époque aux films Disney qui a fait se dire « ah tiens, au Japon ils savent animer et faire de scénarios en fait ? »

De même pour les manga. C’est un univers qui a grandement gagné en diversité des thèmes abordés, en profondeur de scénario et en qualité esthétique.
Bien sûr qu’il y a toujours des mangas d’action brute reprenant les mêmes trames. Mais vous trouverez aussi des histoires sur l’homoparentalité (Every day is a good day), l’amour entre deux séniors après le deuil (Les temps retrouvés), Le paradis des chiens ou que se passerait-il si, après leur mort, les chiens pouvaient envoyer une ultime lettre à leur maître ? Des mangas sur l’univers de la pâtisserie, de la danse classique, de l’horreur, de la science-fiction, du policier… L’univers manga est aujourd’hui au moins aussi étendu que celui de la littérature « classique ». Et lors que l’on s’y intéresse et que l’on découvre cette richesse, on découvre (et on reconnaît) aussi le talent des auteurs.

Pour vous quelle est la meilleure série en matière de manga ?

Ce serait Nausicäa, d’Hayao Miyazaki. Oui, LE Miyazaki qui a ensuite sorti le film du même nom et toutes les merveilles du studio Ghibli.
Lorsque j’ai découvert Nausicäa c’était il y a plus de 20 ans. Le manga n’était pas distribué en France, un ami m’avait ramené le premier numéro en couverture souple des États-Unis, suite à un voyage scolaire. En fin de volume il y avait un coupon à renvoyer pour commander le tome suivant. À renvoyer de France… vers les États-Unis… avec un paiement en dollars, par chèque… pas d’internet à l’époque, grosse galère pour se procurer les mangas et les animés (pour ceux qui n’habitaient pas Paris).
Du coup gros affect sur ce manga, déjà excellent en lui-même.

Enfin, quelle question ne vous a-t-on jamais posée, mais à laquelle vous aimeriez répondre ?

Est-ce que vous regardiez la chaîne NoLife

Oh que oui ! J’ai adoré cette chaîne (NDR: Nous aussi), les animateurs et les programmes qu’elle proposait : du très bon contenu varié, intelligent et drôle. Il est encore possible de trouver des émissions en ligne en cherchant un peu… mais rien à voir avec la magie de l’époque.

Merci d’avoir répondu à nos questions.

Propose recueillis, le  23 novembre 2020 et retranscrits d’après un fichier Word. 
N’hésitez pas à aller découvrir le site ici.

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